Congés mater, patho, parental, combien de temps serais-je absente du bureau ?

Crédits : Jean-François Gornet
Crédits : Jean-François Gornet

À partir du moment où l’idée de faire un bébé devenait de plus en plus réaliste,  j’ai commencé à voir d’un autre œil le discours de mon N+1 quand il abordait les projets des mois à venir : « En 2014 il faudrait mettre en place une formation, je compte sur vous pour l’assurer », ou « ces orientations stratégiques sont pensées pour les 3 années à venir, on a du pain sur la planche »…
C’est à ce moment que j’ai commencé à vraiment me demander quel impact une grossesse aurait sur mon travail. Et je ne parle pas du fait de devenir maman, avec les priorités qui changent, les nuits trop courtes, le bébé malade et la crèche qui ne peut pas l’accueillir…. Pour le moment j’occulte ce point qui me paraît aujourd’hui insurmontable. Je parle plutôt de mon lien au travail avant, des projets, de comment je vais gérer une absence difficile à programmer avec de l’avance.

J’ai toujours entendu : « Tu peux partir 6 semaines avant ta date d’accouchement et tu reviens 10 semaines après« . Effectivement, c’est la règle pour celles qui attendent leur premier enfant, pour qui la grossesse se passe à merveille, et qui souhaitent reprendre le travail au plus vite. Le site de la CPAM rappelle les règles. Attention, elles ne sont pas forcément les mêmes si vous êtes en libéral. De plus, pour celles qui dépendent d’une convention collective, renseignez-vous parce qu’il y a parfois des avantages qui sont toujours bons à connaître (congés supplémentaires pour l’allaitement, …). Si tout se passe bien, il est même possible de partir plus tard en congé mater, et de reporter (jusqu’à 3 semaines) ce temps en congé postnatal.

Il y a même un guide pour aller dans le détail, je vous invite à le lire, il est disponible ici (et sur le site ameli.fr bien entendu)

Si la grossesse est fatigante et qu’il est nécessaire pour la future maman de cesser son activité, une consultation chez le médecin est nécessaire pour obtenir un arrêt de travail. Il est possible d’obtenir un congé pathologique, prescrit par le médecin et de 2 semaines maximum, avant le début théorique du congé pré-natal.

Voilà ce qui relève de la réglementation. Mais en pratique, comment ça se passe ?Comment gérer son absence du bureau pendant plusieurs semaines ? Et s’il est nécessaire de partir plus tôt parce que du repos est nécessaire ? Certains jobs imposent des déplacements, qui deviennent difficiles à assumer. Ce n’est pas évident d’avoir à supporter une heure de RER ou de métro, debout, collés-serrés, matin et soir… Et sans compter les premiers mois où les nausées peuvent être vraiment handicapantes… Tous les employeurs ne proposent pas le télétravail, qui peut s’avérer bien pratique dans cette situation…

Personnellement, je suis seule à mon poste et je n’ai donc pas de collègues qui pourront supporter une charge de travail supplémentaire en reprenant mes dossiers pendant mon absence. Ce qui implique le recrutement d’un CDD pour me remplacer.

Non pas que je sois indispensable à ma boîte mais étant seule dans mon « service », tous les projets à venir sont ceux que j’ai imaginés, construits , et j’éprouve des difficultés à les mettre entre parenthèses, ou de savoir que quelqu’un d’autre va les porter. En plus, je me dis que ma vision des choses va certainement évoluer avec l’arrivée d’un bébé, que j’aurais peut-être envie de prolonger de quelques mois par un congé parental, et donc de ne pas retourner tout de suite au travail…

Je trouve difficile donc de me dire à un moment M « Ok, donne du lest, de toute façon, il faudra bien à un moment lâcher un peu le boulot ». Si c’est pas moi qui le fait, personne ne le fera à ma place !

C’est toute la difficulté je trouve d’avoir occupé les bancs de l’école pendant plusieurs années, d’avoir décroché des diplômes, de décrocher un boulot et de devoir ensuite faire ses preuves, pour finalement devoir « disparaître » pendant plusieurs semaines voire mois, en mettant entre parenthèse ce pour lequel on se bat depuis plusieurs années… En se disant bien qu’après, plus rien ne sera comme avant.

Programmer une grossesse, pour le coup et avec cette vision des choses, c’est beaucoup plus angoissant…

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