A chaque âge ses dangers

« A chaque âge ses dangers » : c’est une phrase bien connue mais dont je n’avais pas saisi le sens jusqu’ici y a peu de temps.  C’est en suivant Victor comme son ombre à l’occasion de ses premiers pas et de son fort désir de découvrir seul les endroits les plus dangereux de la maison que j’ai fait le point sur cette question et que j’en suis arrivée à deux conclusions : les enfants ont un radar à bêtises et je n’ai pas fini de me faire du soucis.

Évidemment, le degré d’anxiété varie d’une maman a l’autre et je pense faire partie des plus stressées et des plus hypocondriaques – ma vie va être longue je sais – donc toutes ne se reconnaîtront pas ici, ou alors en partie (et c’est tant mieux !).

Le début de la fin de la sérénité

Tout commence à la naissance, et même avant pour une grande majorité de futures mamans : on a peur que l’écho révèle un détail pas normal, on craint un mauvais résultat d’analyse, bref tout ce qu’on veut entendre c’est que bébé aille bien, en oubliant presque sa propre personne ou tout du moins son propre confort (je n’arrive pas à dormir la nuit parce que bébé danse quand je vais me coucher ? C’est pas grave c’est qu’il est en bonne santé !)

 

Pour le papa ça peut être différent. Même si dans mon cas mon chéri a été un futur papa très présent et attentif, c’est le jour de la naissance où il a ressenti en plein visage ce nouveau sentiment : s’inquiéter pour ce tout petit et tout nouveau bébé.

Je n’en ai pas beaucoup parlé ici mais mon accouchement n’a pas été idyllique. A la dernière écho on m’a diagnostiqué un ralentissement de croissance du bébé. Pendant un mois j’ai été très surveillée avec plusieurs monito à domicile par semaine, des écho de contrôle et un repos absolu. Voyant que ça ne s’arrangeait, le déclenchement a été évoqué, un mois avant la date prévue accouchement. On m’a fait venir quatre fois à la maternité, levée à 6 heures du matin, douchée, armée de mes sacs pour moi et mon bébé, monitorée, pour finalement… rentrer chez moi. A chaque fois ce n’était finalement pas le jour idéal. Alors, oui, peut-être qu’effectivement ça ne valait pas le coup de déclencher mon accouchement si tous les critères n’étaient pas réunis, mais vous imaginez ce que ça fait de rentrer chez soi 3 fois de suite alors que tout était prêt ? Bonjour l’ascenseur émotionnel ! Sans parler qu’à chaque visite j’entendais des avis différents des différentes sage-femmes présentes, et qu’à force je commençais vraiment à flipper. J’en reparlerais peut-être plus en détails… plus tard.

Tout ça pour dire que quand Victor est né, il a poussé un mini cri et s’est arrêté de respirer. Il a tout de suite été emmené auprès de l’anesthésiste réanimateur et de la pédiatre. Pour être honnête, je crois ne pas avoir saisi l’importance de la situation. La gynéco, restée auprès de moi, me parlait doucement et me préparait à être éventuellement transférée à Poissy, la maternité de niveau 3 dont nous dépendions. Mon chéri a été invité – par erreur – par une aide soignante à rejoindre bébé, alors qu’en fait il était toujours en soins. Il n’a pas tout compris, sauf qu’il s’était passé quelque chose de pas très normal et d’assez angoissant. Il a ressenti une énorme inquiétude pour notre petit bébé à laquelle il n’était pas du tout préparé.

Finalement et heureusement, tout s’est bien terminé. Mais c’est cette angoisse ressentie que mon chéri me décrira comme étant un mal-être tout nouveau, pour ce petit bébé qui n’existait que depuis quelques secondes.

Pour ma part, j’ai ressenti quelque chose que je n’avais pas anticipé. La naissance de mon bébé m’a enlevé un poids : celui d’être l’unique responsable que ce qui pouvait lui arriver. Désormais nous étions deux à le gérer. Je n’étais plus seule à le construire, à prendre soin de lui, à me préserver pour le protéger. Et je me suis sentie soulagée. Ce n’est pas un désengagement de ma part, plutôt une répartition de la responsabilité et de l’angoisse que j’étais seule à ressentir jusque là.

Et aujourd’hui encore, quand nous ne comprenons pas ce que Victor essaie de nous faire dire par des pleurs, je me sens soulagée d’être deux. En général, il y en a toujours un qui flippe moins que l’autre, et heureusement !

Victor a aujourd’hui 15 mois, et depuis ses 8 mois environ nous sommes confrontés aux chutes. D’abord liées aux quatre pattes (qui nous a tout de même coûté un tour aux urgences et un suivi pour cause de traumatisme crânien… [il avait trébuché en faisant du 4 quatre pattes…]), il s’en ait suivi quelques semaines difficiles avant qu’il apprenne à marcher par lui-même… Puis quelques autres semaines à nous casser le dos pour le suivre suite à ses premiers pas et à sa marche quelque peu hasardeuse… Notre maison est devenue « baby-proof » avec le miminum d’objets qui craignent la casse à sa portée, des protections sur les angles de table, des bloque-porte, la barrière sur l’escalier…  Mais il trouve toujours une nouvelle découverte à faire, si possible dangereuse pour lui.

Désormais je m’attaque à l’extérieur et aux voitures… Je lui dis et lui répète (et je n’ai pas fini….) qu’il doit me donner la main quand on marche près de la route, qu’il doit rester près de moi sur les parkings… Mais pour le moment je vois bien qu’il ne comprend pas ce que je lui dis et qu’il n’a aucune notion du danger.

Je sais qu’ensuite je devrais l’alerte sur les personnes inconnues, être vigilant quant à ses fréquentations et après ça sera l’adolescence… Oulala il vaut mieux ne pas y penser !

Notre discours évolue donc avec notre petit garçon… et ne cessera de s’adapter à ses nouvelles activités… Quand on devient parent on fait une croix sur sa tranquillité d’esprit… et c’est vraiment flippant !!!

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4 réflexions sur “A chaque âge ses dangers

  1. héhé même si je suis pas une stressé de la chute, j’ai vraiment un bébé escaladeur et je me dit qu’on passe très souvent à côté de la catastrophe. Pas envie de l’empêcher pour autant et si j’étais une stressée de la chute on serait aux urgences toutes les semaines lol. Mais sinon je plusois ton article, dis toi qu’on va encore régulièrement voir si elle respire la nuit quand on est pas encore couché …

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    1. Si ça peut te rassurer je vais aussi vérifier qu’il respire… Pour les chutes et bien… Ce soir j’ai détourné les yeux quelques secondes le temps de fermer les volets et je l’ai trouvé DEBOUT sur la table du salon… Mon sang n’a fait qu’un tour !!

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